Posté le : 27 mars 2018 Par : BlogEuropages

Cécilia Malmström lors de sa conférence de presse du 7 mars

L’Union européenne a obtenu le 22 mars une suspension temporaire des droits de douane à l’importation de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium qui avaient été décidés début mars par le président Donald Trump. Récit d’un bras de fer qui n’est pas terminé.

1er mars : Donald Trump décide d’augmenter les taxes. C’est à la surprise générale que le président américain a annoncé le 1er mars l’instauration de droits de douane de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium. Donald Trump a justifié cette décision en la présentant comme une mesure pour protéger l’industrie américaine et garantir la sécurité nationale du pays. Cette mesure touche l’Union européenne (UE), qui exporte chaque année pour 5,3 milliards de dollars d’acier et 1,3 milliard de dollars d’aluminium vers les Etats-Unis. Autre pays touché : la Chine, même si elle ne fournit que très peu d’acier et d’aluminium aux Etats-Unis. Le Canada, premier fournisseur en acier des Etats-Unis, et le Mexique ont été pour leur part exemptés provisoirement de cette mesure, car ils sont les partenaires des USA au sein de l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna), en cours de renégociation.

7 mars : la riposte européenne. L’UE n’a pas tardé à réagir par le biais de sa commissaire européenne au Commerce Cécilia Malmström. Dans une conférence de presse le 7 mars, celle-ci a annoncé que les mesures de rétorsion seraient « fermes, proportionnelles et respectueuses des règles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) ». Pour la Commission européenne, les causes du problème sont dans la surproduction mondiale de l’acier et de l’aluminium. C’est par des discussions entre eux que les pays peuvent trouver des solutions et non par des mesures protectionnistes. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait de son côté déclaré à la télévision publique allemande : « nous allons mettre des barrières douanières sur les Harley-Davidson, sur le bourbon et sur les jeans Levis », des produits particulièrement emblématiques des Etats-Unis.

Voir la vidéo de la conférence de presse de la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström (7m15)

http://europa.eu/!Xv66wh

22 mars : l’UE obtient une suspension temporaire. Suite au voyage de la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström à Washington les 20 et 21 mars pour rencontrer le secrétaire au Commerce américain Wilbur Ross, il a été décidé une suspension temporaire des taxes jusqu’au 1er mai 2018. Dans un communiqué du 22 mars, la présidence américaine a annoncé que « les taxes sur les importations d’acier et d’aluminium des pays suivants sont suspendues jusqu’au 1er mai 2018 », citant les pays membres de l’UE, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Mexique et la Corée du Sud. « Chacun de ces pays a une importante relation dans le domaine de la sécurité avec les États-Unis », a déclaré Donald Trump.

Cette suspension temporaire ne satisfait pas l’UE. « Nous devons maintenant attendre quelles sont les décisions définitives de l’administration américaine », a ainsi déclaré Angela Merkel le 23 mars. L’Union européenne a préparé une liste de produits américains qui pourraient à leur tour être visés par des taxes si celles envisagées par les États-Unis entraient en application. Elle envisage notamment d’appliquer des tarifs douaniers de 25% sur environ 2,8 milliards d’euros d’importations en provenance des Etats-Unis, un montant correspondant à ses pertes potentielles.

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